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Ce que j’ai appris en pilotant plusieurs projets avec des agents
Depuis plusieurs mois, je confie une grande partie de l’exécution de mes projets à des agents d’IA : ils écrivent, vérifient, codent, préparent. Ce qui fait la différence n’est pas un prompt génial. C’est la discipline autour. Voici ce que j’en retiens, sans recette secrète ni données de clients.
- Ma semaine reconstituée sans saisir une seule heure
- Le client voit où en est son projet sans m’appeler
- Une vidéo de présentation sans logiciel de montage
- Un assistant WhatsApp qui tourne chez moi
- Ce que j’ai appris en pilotant plusieurs projets avec des agents (vous êtes ici)
Un agent, c’est un assistant d’IA à qui l’on confie une tâche complète, plutôt qu’une simple question : lire des documents, écrire, lancer des vérifications, corriger. Plusieurs peuvent travailler en même temps. C’est puissant, et c’est exactement pour ça que ça demande des règles.
1. Écrire la mémoire, pas compter sur la conversation
Un agent n’a pas de mémoire d’une conversation à l’autre. Tout ce qui doit durer s’écrit : une fiche courte par sujet, un index qui pointe vers les fiches, et chaque décision notée avec sa date et qui l’a prise. Une décision non datée finit toujours par être rouverte.
En pratique : quand je dis « on garde la version courte », ça devient une ligne datée dans la fiche du projet. Le lendemain, l’agent qui reprend le dossier la lit avant d’agir.
2. « C’est fait » ne vaut rien sans preuve
Pour une IA, écrire « c’est fait » coûte moins cher que d’aller vérifier. La règle est donc simple : une tâche n’est faite que si l’état a été relu après l’action, et l’agent rend la preuve (le résultat de la vérification), pas son récit.
Illustration fictive : un agent annonce « 120 fiches produits mises à jour ». La relecture de la boutique en compte 118. Deux fiches avaient un caractère spécial que l’outil d’import refusait en silence. Sans relecture, personne ne l’aurait su.
3. Faire relire par quelqu’un qui ne connaît pas le dossier
Celui qui a écrit un texte lit ce qu’il voulait écrire. Un agent neuf, sans accès au dossier, ne lit que ce qui est écrit. C’est mon meilleur détecteur de phrases floues, de sous-entendus et de jargon. Je lui donne un rôle précis : « tu es un dirigeant de PME pressé », « tu cherches à reconnaître un client ».
4. Mais borner la relecture
Un relecteur trouve toujours quelque chose. Sans limite, on corrige des virgules à l’infini. Ma règle : on sort de la boucle dès qu’il n’y a plus de point bloquant ; les remarques mineures ne déclenchent pas un nouveau tour ; et au bout de cinq tours, c’est moi qui tranche.
5. Une consigne oubliée deux fois devient un contrôle
Réécrire une consigne en majuscules ne sert à rien. Si une erreur revient, elle mérite un contrôle automatique : un petit programme qui bloque, plutôt qu’une ligne de plus dans une liste que personne ne relit. Et on vérifie que ce contrôle mord vraiment : on réintroduit l’erreur exprès, et il doit la voir.
6. Ce qui sort passe par une porte
Un mail, une publication, une facture, un paiement : tout ce qui crée un engagement à l’extérieur passe par moi, ou par un cadre que j’ai fixé à l’avance pour un type de geste précis. Sans ce cadre, l’agent prépare et je valide. Ce n’est pas de la méfiance de principe : un brouillon raté se corrige, un mail parti ne revient pas. Cette série d’articles en est l’exemple : j’en ai délégué la publication, mais dans un cadre écrit (données fictives, contrôle automatique, relecture par un regard neuf, vérification du rendu en ligne). C’est le cadre qui fait la porte, pas une relecture ligne à ligne.
7. Des plafonds partout
Nombre d’agents en parallèle, mémoire de la machine, durée maximale d’une tâche, budget : tout a une limite écrite. Un agent qui « attend que quelque chose arrive » a toujours une échéance, sinon il attend pour toujours. Les incidents que j’ai eus venaient presque tous d’une absence de plafond, pas d’une IA « bête ».
8. Ce qui se calcule va dans du code
Trier, compter, comparer des dates, produire une page à partir de données : un programme ordinaire le fait mieux, moins cher et sans se tromper. L’IA sert là où il faut comprendre, rédiger ou arbitrer. Le reste, je lui fais écrire le programme, puis le programme tourne seul.
9. Tester dans les conditions réelles
Un test sur une copie commode passe souvent quand la réalité échoue : autre navigateur, autre serveur, autre téléphone. Avant de dire « ça marche », on regarde le vrai résultat, là où le vrai utilisateur le verra.
La preuve par cette série
Ces articles montrent des outils que j’utilise dans mon travail, dont plusieurs chez de vrais clients. Pour les publier sans exposer personne, ils sont passés par cette boucle :
Tout est refait sur un jeu de données inventé : trois clients fictifs, aucun chiffre réel, aucune capture d’écran réelle.
Une liste de noms qui ne doivent jamais apparaître est cherchée dans les textes, et dans les images grâce à la reconnaissance de caractères.
Un agent qui ne connaît aucun de mes dossiers lit tout et répond à une seule question : peut-on reconnaître un client ?
Le rendu est contrôlé sur ordinateur et sur téléphone, avant et après la mise en ligne, en conditions réelles.
Un point bloquant renvoie à l’étape 1. Cinq tours au plus, ensuite c’est moi qui tranche.
Ce que ça change
- Plus de projets en parallèle, sans perdre le fil : la mémoire écrite fait le lien.
- Une qualité plus régulière, parce qu’elle repose sur des contrôles plutôt que sur ma forme du jour.
- Mon temps va aux arbitrages et aux échanges avec les clients, pas à l’exécution.
Les limites, honnêtement
- Cette discipline coûte à installer. Les premières semaines, on écrit plus de règles qu’on ne gagne de temps.
- Les agents se trompent avec aplomb. Le ton assuré n’est jamais un indice de justesse. D’où les preuves.
- On ne délègue bien que ce qu’on sait juger. Confier à un agent un sujet qu’on ne maîtrise pas, c’est ne plus pouvoir voir ses erreurs.
- Il y a un coût et une dépendance : abonnements, machine, et un fournisseur d’IA dont on dépend. Il faut savoir ce qu’on lui envoie, et ce qu’on ne lui envoie pas.
- Ce n’est pas magique pour l’équipe. Dans une entreprise, ces règles se construisent avec les personnes qui feront le travail, pas à leur place.
Pour qui ?
Pour les dirigeants et les équipes qui ont déjà goûté aux assistants d’IA et se demandent comment passer du « gadget utile » à une vraie façon de travailler. C’est précisément ce que je transmets en formation et en accompagnement.
Vous vous reconnaissez dans ce problème ? On peut en parler simplement : écrivez-moi ou appelez-moi, je vous dirai franchement si un outil de ce genre vaut le coup chez vous, ou pas.
Article rédigé et publié en autonomie par Claude, l’agent IA de Johan Theron, à partir de ses outils et de ses notes. Toutes les données montrées sont fictives.
